La restitution d’une étude sur les expériences pilotes de foresterie communautaire a eu lieu le 22 septembre à Yaoundé à l’initiative du CERAD et du WRI Sciences Watch Infos
La restitution d’une étude sur les expériences pilotes de foresterie communautaire a eu lieu le 22 septembre à Yaoundé à l’initiative du CERAD et du WRI Sciences Watch Infos
Ils étaient une cinquantaine de participants, membres des organisations de la société civile, des enseignants du supérieur, des autorités traditionnelles, des journalistes, des partenaires au développement, etc. venus du Centre, de l’Est, du Littoral, de l’Ouest et du Sud ; avec dans leurs bagages des études et des expériences à partager sur la foresterie communautaire et surtout, la nouvelle orientation à lui donner. Une rencontre d’un jour (22 septembre) organisée par le Centre de recherche et d’action pour le développement durable (CERAD). Le. Bilan de 30 années de foresterie communautaire, dressé par le ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) est peu reluisant ; sur 800 forêts attribuées aux communautés sur l’ensemble du territoire camerounais, à peine 80 fonctionnent plus ou moins bien, les conflits et les divisions dans les communautés s’installent de plus en plus et la forêt communautaire ouvre même la voie à l’exploitation illégale et à la déforestation à outrance.
Au vu de ce bilan, une question émerge : avant la loi de 1994 qui a institué la foresterie communautaire, comment se géraient les forêts du pays, comment ont-elles été conservées ? Pourtant, l’idée des forêts communautaires contenue dans la loi forestière de 1994 donnait l’opportunité aux communautés riveraines de bénéficier d’une parcelle leur permettant de s’épanouir et de participer davantage à la conservation. Certaines de ces communautés ont déjà goûté aux délices de cette initiative.
Prosper Medoulou, premier adjoint au maire de Mintom dans la région du Sud, qui a participé à la journée de réflexion, le reconnaît. « Quatre villages ont été électrifiés à l’énergie solaire, avec des lampadaires installés notamment aux entrées des localités. Il évoque également 27 logements construits pour des membres de la communauté considérés comme nécessiteux, ainsi que des appuis réguliers à la scolarisation et à l’achat de fournitures scolaires », témoigne-t-il. Des réalisations obtenues en seulement six années d’exploitation effective de leur forêt communautaire
Le modèle communautaire actuel a échoué, comme peut le souffler Patrice Bigombé Logo, le directeur du CERAD, qui a facilité la rencontre. Il pense qu’au lieu de focaliser l’attention sur l’exploitation du bois, la foresterie communautaire peut se réinventer à travers la promotion d’autres activités, tels que l’écotourisme, des rites et soins traditionnels avec des bénéfices non-économiques entre autres offres que l’on trouve dans des forêts sacrées, beaucoup plus rencontrées dans les parties est, ouest et sud du Cameroun.
Des exemples de conservation dans le Musée vivant Baka d’Assok dans le sud, dans la forêt Djengui de Medjoh à l’est, dans les forêts sacrées de Bapa et de Batoufam à l’ouest ont ouvert d’autres pistes de réflexion sur le modèle de foresterie communautaire qui irait mieux au Cameroun au moment où le pays s’apprête à rédiger son manuel sur cette question. Dans tous les cas, il faut cesser de faire des communautés uniquement des simples bénéficiaires ou des acteurs de mise en œuvre, mais celles qui, avec les savoirs qu’elles détiennent, peuvent proposer de modèles de gouvernance à mesure d’enrichir les politiques forestières.
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