L'édition 2026 du droit à l’avortement sécurisé sera observée le 28 septembre prochain avec un accent sur la défense des droits reproductifs face aux politiques d'austérité et la montée des idéologies réactionnaires.
L'édition 2026 du droit à l’avortement sécurisé sera observée le 28 septembre prochain avec un accent sur la défense des droits reproductifs face aux politiques d'austérité et la montée des idéologies réactionnaires.
A l’instar de la communauté internationale, le Cameroun va commémorer, le 28 septembre prochain, la Journée du droit à l’avortement sécurisé. Pour cette année, "Pour le droit à l'IVG, la santé et la liberté partout et pour tous et toutes", est le slogan retenu. Cette commémoration a lieu dans un contexte de la montée des mouvements anti-droits dans le monde.
Le Cameroun, comme bon nombre de pays du continent africain, enregistre encore des cas considérables de décès maternels dont l’avortement non-sécurisé se hisse à la troisième place des causes. Il faut dire que les derniers chiffres du ministère de la Santé publique (MINSANTE) font état de 258 décès sur 100 000 naissances vivantes et qu’en s’engageant en 2015, pour les Objectifs de développement durable (ODD), le pays de Paul Biya a promis d’amener à 70, le nombre de femmes qui décèdent sur les 100000 qui donnent la vie, d’ici 2030.
La pratique d’un avortement reste restrictive et ne peut être accordée qu’en cas de viol ou lorsque la santé physique et morale de la mère est menacée, selon le Code pénal camerounais. Des cas autorisés aussi contenus dans le Protocole à la Charte de l’Union africaine sur les Droits de l’Homme et des peuples, connu comme Protocole de Maputo. Malgré la signature et la ratification du Protocole de Maputo, les lenteurs et les lourdeurs des procédures empêchent encore les éligibles à recevoir le service. Ce qui fait craindre une flambée de complications liées aux avortements non-sécurisés, dans un contexte de montée vertigineuse des viols.
Les efforts des organisations de la société civile sont à saluer. Grâce aux plaidoyers que portent les unes et les autres, La Société des gynécologues-obstétriciens du Cameroun (SOGOC), par exemple a réussi à réunir autour d’une même table, une trentaine d’associations composée de juristes, des prestataires de soins de santé, des journalistes et autres activistes dans le cadre du projet ACAC, Plaidoyer pour des soins complets d’avortement sécurisé. En collaboration de SOGOC, l’Association nationale pour le bien-être familial (CAMNAFAW) a organisé une plénière à l’Assemblée nationale avec des députés, des sénateurs et des membres du gouvernement. Des recommandations ont été données aux différents ministères concernés afin qu’ils apportent des contributions pour la domestication du Protocole de Maputo, arrimer le code pénal à cette charte.
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