Une formation de deux jours, dédiée aux journalistes d’investigation s’est déroulée du 20 au 21 octobre à Yaoundé.
Une formation de deux jours, dédiée aux journalistes d’investigation s’est déroulée du 20 au 21 octobre à Yaoundé.
Partage d’expériences, exercices pratiques, témoignages et autres ont agrémenté les deux jours de formation à laquelle ont participé une dizaine de journalistes (privilégiés) du 20 au 21 octobre dernier à Yaoundé au Cameroun. Sous la houlette de Sonia Rolley et Christian Locka, cette session s’est appesantie sur les techniques d’enquêtes sur les crimes financiers et la dénonciation.
En présence de Jimmy Kande et Fatimatou Faye de la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique et Liza Hélies du projet SecFin Africa, coorganisateurs de l’atelier.
Financement du terrorisme, blanchiment d’argent, violation de sanctions et embargos, pots-de-vin, fraude fiscale, détournement de fonds publics, fraude aux marchés publics, cybercriminalité, etc. sont des crimes économiques, c’est-à dire, des activités illégales portant sur l’argent, les biens ou des systèmes financiers, commises dans le but d’en tirer un profit personnel ou pour le compte d’une organisation. Ces crimes sont souvent versés dans le registre de la corruption, définie comme un acte malhonnête, frauduleux, voire criminel, commis par un individu ou une organisation qui abuse de l’autorité ou du pouvoir qui lui a été confié afin d’en tirer un avantage personnel ou d’autres bénéfices illégaux.
Ces actes ont beaucoup d’impacts négatifs sur le quotidien de la multitude et portent un coup sérieux à la démocratie, sans oublier qu’ils privent la majorité de la population à l’accès à l’eau potable, à l’électricité, aux soins de santé, à l’éducation et à l’emploi.
Il est alors important que les journalistes enquêtent sur ces crimes afin de susciter la prise de décision, selon Jimmy Kande. Et le faire, selon Sonia Rolley, le journaliste doit bâtir une enquête avec pour objectif de répondre concernant les personnes qui sont les personnes ou organisations visées-les faits et l’infraction présumée-la nouveauté de son travail- son intérêt public- les preuves lui permettant de vérifier les faits. Avoir toujours à l’esprit les six interrogations de base utilisées pour la rédaction d’une brève, à savoir : qui, quoi, où, quand, pourquoi, comment ? Le journaliste peut obtenir des informations dans les rapports de certaines organisations non-gouvernementales ou des organisations de la société civile et aussi auprès des lanceurs d’alerte qui sont des personnes qui révèlent des informations concernant des activités illégales, illicites ou contraires à l'intérêt général dont ils ont été témoins, notamment dans le cadre de leur travail. Le journaliste et le lanceur d’alerte doivent garder une relation de confiance.
En fait, former des journalistes sur l’investigation des crimes économiques s’avère important ; l’indice de perception de la corruption (IPC) de 2025 classe le Cameroun au 142e rang mondial sur 182 pays, avec 26/100, ce malgré la panoplie de structures de lutte contre ce fléau telles que la Commission nationale anticorruption (CONAC), Agence nationale d’investigation financière (ANIF), les cellules anticorruptions dans les différentes administrations.







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