La question était au centre d’une rencontre régionale organisée par le Réseau Africa Just Transition Network (AJTN) du 19 au 23 octobre 2026 au Sénégal
La question était au centre d’une rencontre régionale organisée par le Réseau Africa Just Transition Network (AJTN) du 19 au 23 octobre 2026 au Sénégal
Indispensables à la fabrication de nombreux équipements liés à la transition énergétique, les minéraux stratégiques représentent une opportunité économique pour les pays africains. Cependant, leur exploitation soulève une question importante : comment faire en sorte que ces richesses contribuent réellement au développement des pays producteurs et améliorent les conditions de vie des populations ? C’est l’une des principales questions auxquelles a tenté de répondre une rencontre régionale sur les minéraux et la transition énergétique organisée par le Réseau Africa Just Transition Network (AJTN), à Saly, au Sénégal du 19 au 23 octobre 2026. Les échanges ont essentiellement porté sur la gouvernance des ressources minérales, la souveraineté économique des États africains et la place des communautés dans les décisions qui affectent leurs territoires.
Au Cameroun, l’application du cadre légal, les retombées de l’exploitation des ressources minérales pour les communautés et la transformation locale restent des enjeux majeurs. La loi n° 2016/017 du 14 décembre 2016 portant Code minier qui encadre les activités d’exploitation des ressources minérales, prévoit des dispositions relatives à la protection de l’environnement, à la réparation des dommages et aux retombées locales de l’activité minière. Toutefois, l’existence de ces dispositions ne suffit pas à garantir leur application effective. Les conditions de contrôle des activités minières, la protection des droits des riverains et la répartition des bénéfices restent des questions essentielles. Pour les communautés vivant à proximité des sites, les enjeux concernent notamment la préservation de l’environnement, les moyens de subsistance et la possibilité de participer aux décisions qui affectent leurs territoires.

Au-delà de l’extraction, la transformation locale des minerais constitue un autre défi pour les pays africains. L’exportation des ressources brutes limite les possibilités de développer des industries, de créer des emplois qualifiés et de renforcer les compétences nationales. La valorisation locale nécessite cependant des investissements, des infrastructures adaptées et une main-d’œuvre qualifiée. Cette ambition, selon les experts, doit aussi tenir compte des exigences environnementales. Si les minéraux stratégiques sont nécessaires au développement de nombreuses technologies énergétiques, leur extraction ne peut contribuer pleinement à une transition juste si elle s’accompagne de dégradations environnementales ou laisse les populations concernées à l’écart des retombées économiques.
La participation de Care For Environment (CFE) aux travaux de Saly s’inscrit dans cette réflexion sur la gouvernance des ressources, la justice environnementale et la souveraineté économique des États africains. La transition juste implique donc de repenser les modèles d'exploitation, de renforcer la participation citoyenne et de veiller à ce que les communautés ne soient pas les premières à supporter les coûts sociaux et environnementaux de cette transformation.

Like
Dislike
Angry
Sad
Funny
Wow
Amélioration de l’accès aux ressources : avec l'incontournable ’agriculture durable,
11/10/2024Travaux scientifiques : comment améliorer l’utilisation des résultats coince
21/09/2024Plan d’occupation des sols : Arme contre l’accaparement des terres
30/03/2024
Commentaires 0