Première cause de décès par cancer chez l’homme, le cancer de la prostate très fréquent après 50 ans continue d’être diagnostiqué trop tard.
Première cause de décès par cancer chez l’homme, le cancer de la prostate très fréquent après 50 ans continue d’être diagnostiqué trop tard.
Au Cameroun, le cancer de la prostate est devenu la première cause de mortalité par cancer chez les hommes. Selon les spécialistes, la maladie touche massivement les plus de 50 ans et progresse silencieusement. Les données médicales reportent que près de 75 % des hommes de plus de 50 ans présentent une augmentation du volume de la prostate, un phénomène naturel lié à l’influence de la testostérone mais qui favorise l’apparition de pathologies comme l’hypertrophie bénigne, les prostatites et surtout le cancer.
Le Dr Epoupa Ngallé Frantz Guy, chirurgien urologue et andrologue à l’Hôpital Général de Douala, rappelle que l’évolution est lente et insidieuse. « Beaucoup d’hommes attribuent leurs premiers symptômes au vieillissement ou les ignorent complètement. Pourtant, des signes comme un jet d’urine faible, l’effort nécessaire pour uriner, les mictions en deux temps, la sensation de vessie non vidée, la pollakiurie nocturne ou l’urgence mictionnelle doivent immédiatement conduire à une consultation » précise le spécialiste.
Par ailleurs, apprend-on également, le cancer de la prostate est nettement plus fréquent chez les hommes noirs, alors qu’il l’est beaucoup moins chez les populations asiatiques. L’hérédité joue aussi un rôle déterminant. « Avoir un proche du premier degré atteint augmente significativement le risque. » Le mode de vie enfin, influence aussi la maladie. En effet, une consommation excessive de viande rouge, de produits laitiers et de conserves augmente les risques, tandis que les aliments tels que l’ail, les pistaches ou la tomate semblent exercer un effet protecteur.
Face à une maladie souvent découverte tardivement, le dépistage reste l’arme la plus efficace. Le toucher rectal et le dosage du PSA total constituent les examens de base, simples et accessibles. Ils permettent de détecter précocement la maladie, d’orienter vers des examens complémentaires comme l’IRM ou la biopsie et surtout d’envisager un traitement curatif. Sans dépistage, beaucoup d’hommes n’arrivent à l’hôpital qu’au stade où les traitements deviennent palliatifs, apprend-on.
Qu Cameroun, la prise en charge du cancer de la prostate représente un enjeu économique majeur pour les familles. Les coûts des consultations spécialisées, des explorations radiologiques, de la chirurgie, de la hormonothérapie ou encore de la radiothérapie demeurent élevés. Selon les spécialistes, les options thérapeutiques sont nombreuses : surveillance active pour les formes localisées, hormonothérapie ou chimiothérapie pour les stades avancés, immunothérapie, radiothérapie ou encore prostatectomie radicale pour les cas opérables. Chaque traitement doit être adapté à l’état du patient.
Interrogé par nos soins, un urologue de l’Hôpital de Bonassama à Douala insiste sur l’importance de la vigilance masculine. « Les maladies de la prostate sont typiques du troisième âge, mais elles ne doivent jamais être banalisées. Tout homme qui urine difficilement est un homme malade jusqu’à preuve du contraire. Et surtout, un dépistage précoce offre les meilleures chances de guérison complète. »

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