Expert en santé publique, il estime que la sensibilisation, l’information et la promotion des comportements responsables sont essentielles pour lutter efficacement contre la maladie.
Expert en santé publique, il estime que la sensibilisation, l’information et la promotion des comportements responsables sont essentielles pour lutter efficacement contre la maladie.
Le Cameroun a enregistré des avancées notables dans la lutte contre le VIH/SIDA au cours des dernières années. La prévalence nationale a connu une baisse progressive, passant de niveaux très élevés au début des années 2000 à environ 2,7 % chez les adultes aujourd’hui. Cette évolution positive est le résultat des efforts conjugués du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des organisations de la société civile, notamment à travers la gratuité du traitement antirétroviral, l’intensification du dépistage et la prévention de la transmission mère-enfant.
Cependant, malgré ces progrès, le VIH demeure un problème majeur de santé publique. Le pays enregistre encore chaque année de nouvelles infections, en particulier chez les jeunes et certaines populations clés. Cela montre que la lutte doit être maintenue et renforcée.
Plusieurs facteurs continuent de freiner une lutte durable. Tout d’abord, la stigmatisation et la discrimination envers les personnes vivant avec le VIH demeurent très présentes. Elles découragent le dépistage volontaire et l’observance du traitement.
Ensuite, les inégalités socio-économiques, notamment la pauvreté et le chômage, exposent certaines personnes à des comportements à risque. À cela s’ajoutent les difficultés d’accès aux services de santé dans certaines zones rurales ou enclavées, ainsi que l’insuffisance de l’éducation sexuelle, en particulier chez les jeunes.
Enfin, le financement durable des programmes de lutte contre le VIH reste un défi, dans un contexte où les besoins sont nombreux et les ressources parfois limitées.
Cette perception est effectivement préoccupante. Elle s’explique en partie par les progrès réalisés dans la prise en charge médicale. Aujourd’hui, une personne vivant avec le VIH et suivant correctement son traitement peut mener une vie presque normale. Malheureusement, cette réalité peut donner l’illusion que le VIH n’est plus une maladie grave.
Il est important de rappeler que le VIH reste une infection chronique, incurable à ce jour, nécessitant un traitement à vie. En l’absence de prise en charge, il peut entraîner de graves complications et conduire au décès. Cette banalisation du VIH peut conduire à un relâchement des comportements préventifs, ce qui constitue un réel danger.

Les jeunes, notamment ceux âgés de 15 à 24 ans, figurent parmi les groupes les plus vulnérables. Cette vulnérabilité est liée à un début précoce de la vie sexuelle, à un usage insuffisant du préservatif et à une faible fréquentation des services de dépistage.
Les femmes et les jeunes filles sont également particulièrement exposées, en raison des inégalités de genre, de la dépendance économique et parfois des violences sexuelles.
Par ailleurs, certaines populations clés, telles que les travailleuses du sexe et d’autres groupes marginalisés, présentent des taux de prévalence nettement plus élevés, souvent à cause de la stigmatisation et de leur accès limité aux services de santé adaptés.
L’amélioration de la prévention passe avant tout par le renforcement de l’éducation et de la sensibilisation. Il est essentiel d’intensifier l’éducation sexuelle complète dans les écoles et les communautés, en mettant l’accent sur la responsabilité individuelle et collective.
Il faut également rapprocher les services de prévention et de dépistage des populations, notamment à travers des stratégies communautaires, mobiles et adaptées aux réalités locales. Pour les populations vulnérables, des approches ciblées, basées sur la confiance et l’implication des pairs, sont particulièrement efficaces.
Enfin, la lutte contre la stigmatisation doit être une priorité transversale, afin de créer un environnement favorable à la prévention, au dépistage et à la prise en charge.
Absolument. La lutte contre le VIH a déjà contribué au renforcement du système de santé camerounais, notamment à travers l’amélioration des infrastructures, la formation du personnel de santé et le développement des systèmes de suivi et de surveillance.
Une lutte durable permet également de renforcer les services de santé maternelle et infantile, la prise en charge des maladies chroniques et la promotion de la santé communautaire. En ce sens, investir dans la lutte contre le VIH, c’est investir dans la santé publique de manière globale.
Nous contribuons à la lutte contre le VIH à travers la sensibilisation, l’information et la promotion des comportements responsables. Nous encourageons le dépistage volontaire, luttons contre la stigmatisation et soutenons les initiatives locales de prévention et de prise en charge. Plus concrètement, nous avons mis en place l’Association Bring Back Smile qui intervient dans la santé communautaire en direction des couches vulnérables, notamment les jeunes adolescentes, les usagers de drogue. Au quotidien, nous organisons des campagnes de sensibilisation en communauté, procédons au référencement des services de santé, entre autres actions.
Je considère que chaque citoyen, à son niveau, peut jouer un rôle important dans cette lutte, car le VIH/SIDA n’est pas seulement une question de santé, mais aussi un enjeu social et de développement.
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