Les prestataires des soins l’ont appris au cours d’un atelier organisé par la Société des gynécologues obstétriciens du Cameroun avec la collaboration l’Organisation pour le dialogue sur l’avortement sécurisé.
Les prestataires des soins l’ont appris au cours d’un atelier organisé par la Société des gynécologues obstétriciens du Cameroun avec la collaboration l’Organisation pour le dialogue sur l’avortement sécurisé.
Un échange entre des prestataires de service de santé du privé laïc, confessionnel et du public de la région du centre, et des responsables du projet du « Plaidoyer pour des soins complets d’avortement au Cameroun (ACAC) », porté par la Société des gynécologues obstétriciens du Cameroun s’est tenu le 31 juillet dernier à Yaoundé.
Il était question pour la trentaine de participants, selon les co-organisateurs de cet atelier, SOGOC et l’Organisation pour le dialogue sur l’avortement sécurisé (ODAS) et leurs partenaires, d’ : « amener les participants à examiner, remettre en question, clarifier et affirmer leurs valeurs et leurs convictions concernant l’avortement et les problèmes de santé sexuelle et génésique associés, de manière à mieux en prendre conscience et à se sentir plus à l’aise face à la prestation de services d’avortement complets centrés sur la femme ». Ceci, afin de les amener à : « identifier les valeurs qui sous-tendent leurs convictions et attitudes actuelles concernant l’avortement et être capables de décrire les valeurs alternatives et leurs conséquences ; établir une distinction entre hypothèses, mythes et réalités concernant les grossesses non désirées et les femmes et les familles qui y sont confrontées, faire preuve d’empathie vis-à-vis des femmes, des familles et des professionnels des soins de santé confrontés à un avortement et établir une distinction et, si nécessaire, une séparation entre leurs convictions personnelles et leur rôle et leurs responsabilités professionnelles en tant que prestataires de santé ».
Le Dr Anny Tagne Ngassam, secrétaire générale adjointe de la SOGOC, a présidé la rencontre qui s’inscrit dans le registre des activités menées par SOGOC pour l’amélioration des soins de santé sexuelle et reproductive au Cameroun, et qu’ont facilitée Vanessa Ekame de Cameroon National Association for Family Wellfare (CAMNAFAW) et Didier Florent d'ODAS, avec comme formateur principal, Peter Ngang, spécialiste en santé de reproduction.
Enquête démographique de santé de 2018
La mortalité maternelle au Cameroun est toujours élevée ; chaque année, 406 femmes décèdent pour 100000 naissances vivantes, selon l’Enquête démographique de santé de 2018 (Eds2018). Cette même enquête révèle que 15 à 20% des décès sont attribuables à l’avortement non-sécurisé, celui qui est pratiqué par un personnel qui n’est ni qualifié, ni formé ou certifié, avec des techniques obsolètes, dans un milieu qui ne garantit aucun minimum de sécurité à la cliente.
Dr Anny Ngassam a rappelé que les avortements non-sécurisés et clandestins sont la conséquence de l’échec de la planification familiale qui ouvre la voie aux grossesses précoces et non-désirées. Et pour Pater Ngang, la question d’avortement doit interpeller tout le monde quelles que soient nos valeurs et nos convictions. Par valeur, ce dernier a dit entendre comme : « des croyances, des attitudes, des idéaux que nous avons et que nous utilisons pour guider nos comportements ». Les valeurs, a-t-il insisté, s’acquièrent au fil du temps et subissent des influences de nos expériences, de la vie, de la culture. Cependant, elles sont souvent librement choisies et indiquent ce que l’individu juge important ; c’est le cas de l’honnêteté. Ces valeurs subissent la clarification qui, elle est une stratégie pour le développement d’une meilleure compréhension de vous-même et de ce qui vous est cher.
Les exercices pratiques ont permis aux participants de se remettre en question ; ayant compris que, malgré nos valeurs ou nos convictions, la cliente que l’on reçoit en situation de détresse demandant de se faire avorter, a besoin d’une oreille attentive qui lui apporte une réponse urgente à sa situation d’urgence. L’écoute active et l’empathie restent alors indispensables.
Au Cameroun, l’avortement est restreint. Il peut se pratiquer sans danger pour un personnel de santé, formé, qualifié et certifié, en cas de viol et de menace de la santé de la mère. Il reste que c’est un magistrat qui doit approuver qu’il y a eu viol, comme le prévoit le Code pénal en son article 339, alinéa 1 et 2. Après l’avoir signé en 2005, le Cameroun a ratifié le Protocole de Maputo en 2009. Mais, l’arrimage à la loi nationale ou encore, la domestication de l’article 14, alinéa 2 ce Protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique peine à se faire. Ce qui explique la mobilisation observée auprès des féministes et autres défenseurs des droits sexuels et reproductifs pour faire avancer les choses.
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