Depuis 2011, le nombre de malades de l’ulcère de buruli a drastiquement baissé grâce à la prise en charge multisectorielle et communautaire portée par l’organisation Afrique One.
Depuis 2011, le nombre de malades de l’ulcère de buruli a drastiquement baissé grâce à la prise en charge multisectorielle et communautaire portée par l’organisation Afrique One.
Plus qu’un simple film, le documentaire d’environ dix minutes produit par l’équipe de chercheurs basée en Taabo, en Côte d’ivoire, est un enseignement sur la prise en charge des plaies chroniques (ulcère de buruli, morsures de serpents, etc.) qui sont des maladies tropicales négligées (MTN).
Les plaies chroniques, l’ulcère de buruli, infection cutanée grave causée par le Mycobactarium ulcerans, particulièrement, sont la cause de stigmatisation et d’isolement du patient, d’où la tendance au repli et la honte de se faire dépister. Les malades restent souvent dans la communauté sans se rendre à l’hôpital.
Le travail conduit par Afrique One, coordonnée par le Pr Bassirou Bonfoh, en collaboration avec le Centre Suisse de Recherche scientifique en Côte d’Ivoire, avec l’appui financier de Sciences for Africa Foundation prend en compte cet aspect et met en jeu les relais communautaires chargés de repérer des cas suspects pour les dépistages et la prise en charge précoces. Un travail dans lequel sont intervenus des chercheurs comme Didier KOFFI, Dr Valentin Bognan Koné.
A force d’arpenter les pistes de Taabo, Caroline Koffi qui a fini par maîtriser certaines astuces, telle que les avantages du traitement administré le matin dans la guérison du malade. A en croire le Pr Bonfoh, le dépistage et le traitement en communauté peuvent réduire de 50% les coûts de la prise en charge à l’hôpital. Etant donné que, selon lui, seulement 30% de dépenses d’un patient sont supportées par l’hôpital, bien que nous soyons dans la prise en charge gratuite. « Les coûts de transport, de nutrition ne sont pas souvent comptabilisés, or, le malade se déplace parfois pour l’hôpital avec un accompagnateur. Les coûts non couverts sont d’environ 70% et lorsque le patient réalise cela, il est parfois tenté de rester chez lui, aller chez un tradipraticien ou rechercher une autre voie », soutient-il.
L’accompagnement du malade pour sa réinsertion n’est pas laissé de côté, encore moins son alimentation. Par exemple, l’on apprend que consommer des patates douces à la couleur orangée favorise la cicatrisation. L’ulcère de buruli se rencontre dans 33 pays, en Amérique latine, en Afrique et en Asie. Grâce à la prise en charge holistique adoptée depuis 2011, la Côte d’Ivoire est à 500 cas enregistrés.
Prise en charge de cette maladie est presqu’orpheline au Cameroun
Des spécialistes de la santé révèlent que les personnes affectées par les maladies tropicales négligées souffrent plus du rejet social que des symptômes desdites affections. Souvent abandonnées par les conjointes ou conjoints, les frères, les sœurs, parents et connaissances qui ont peur de se faire contaminer. « J’ai passé deux ans à l’hôpital où je suis arrivée avec une grossesse. Mon mari m’a quittée et toute ma famille m’a abandonnée en disant que je vais leur contaminer la maladie. J’ai accouché grâce à l’accompagnement du personnel de santé qui s’est aussi occupé du bébé », confiait une malade de l’ulcère de buruli, rencontrée dans un centre de traitement agréé. Cette magnanimité des infirmiers, médecins et autres a permis aussi d’assurer la survie de ses enfants, aînés de celui qui a vu le jour lors de sa longue hospitalisation. Des situations qui accroissent leur dépendance et exposent 35% d’entre eux à des velléités de suicides, selon les professionnels de la santé. La prise en charge de cette maladie est presqu’orpheline au Cameroun, après le départ de Médecins sans frontières de ce programme.
La Communauté mondiale commémore ce 30 janvier, la Journée internationale des Maladies tropicales négligées sur le thème : « S’unir. Agir. Eliminer les MTN.»
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