A l’occasion de la Journée internationale tolérance zéro contre les cette forme de violence sur le genre, le 06 février, le psychologue et président de SOS Santé mentale, il revient sur les conséquences psychologiques et psychiques celle-ci sur les victimes.
Jusqu’où les mutilations génitales féminines peuvent-elles affecter une fille ?
Les mutilations génitales féminines sont l’une des formes de violence basée sur le genre, spécifiquement chez la jeune fille. Il faut dire que c’est une des formes très graves de violation des droits humains qui, très souvent, conduit à des traumatisme physiques et surtout psychologiques profond, affectant la jeune fille à chaque étape de sa vie de manière insidieuse et permanente. Cette souffrance psychologique à laquelle font face les victimes de mutilations génitales féminines altère leur développement sur plusieurs plans, notamment : identitaire, relationnel, familial et de manière globale sur son bien-être à long terme.
Durant la jeunesse, les mutilations génitales féminines provoquent des douleurs intenses, caractérisées sur le plan somatique par des douleurs intenses, des saignements dus aux hémorragies et même des infections, toute chose pouvant conduire à la stérilité de la fille.
Quel est l'impact de cette pratique dans les familles ?
Dans une perspective psychologique, la souffrance est silencieuse mais profonde et très douloureuse. Cette souffrance due aux mutilations génitales féminines favorise un sentiment de trahison viscéral, notamment envers les parents et la famille qui imposent cette pratique culturelle mal interprétée comme rite de passage, générant ainsi, chez les victimes ou survivantes, un trouble de stress post-traumatique, des troubles du comportement, de l’anxiété et une perte de confiance fondamentale en soi et en autrui, entravant l’épanouissement scolaire, social et émotionnel.
Dans le contexte familial particulièrement, les mutilations génitales féminines peuvent renforcer paradoxalement les dynamiques toxiques. Par exemple, la fille qui en est victime peut développer un ressentiment durable envers sa mère ou ses proches, perçu comme protecteurs au début mais devenus agents de souffrance après ; cela peut fracturer les liens affectifs, favoriser l’isolement émotionnel et perpétuer un cycle intergénérationnel de silence, de culpabilité, de honte, de repli sur soi, etc.
À l’âge adulte, les séquelles psychologiques s’aggravant encore plus et s’accompagnent des complications physiques chroniques, notamment avec les douleurs menstruelles, la dyspareunie, l’infertilité et des risques accrus à l’accouchement, tout chose qui alimentent les préoccupations psychologiques telles que la dépression, les troubles somatiques, l’anxiété généralisée et le trouble de stress post-traumatique persistant. Cela entraine des impacts sur plusieurs plans, notamment les relations conjugales, les dysfonctionnements sexuels, une faible estime de soi, etc. Ceci est non sans oublier le poids socio-économique (coûts médicaux élevés).
Comment limiter les conséquences des mutilations génitales féminines ?
Une prise en charge efficace des victimes de mutilations génitales féminines, repose sur une approche multidisciplinaire, holistique et précoce, intégrant à la fois les soins médicaux, les psychothérapies adaptées et un soutien communautaire et/psychosocial. Car, isoler un volet ou ignorer le lien inextricable entre corps et la psyché, peut perpétuer un cycle de souffrance insidieux et permanent.
Notons qu’il est important que les victimes, le plutôt, pour leur bien-être et leur santé, doivent faire un bilan multidisciplinaire auprès des centres spécialisés et agréés, combinant des examens gynécologiques et des évaluations psychologiques pour dépister le trouble de stress post-traumatiques, la dépression ou l’anxiété. Des thérapies cognitivo-comportementale (TCC) ou l’EMDR entre autres, peuvent être utilisées pour déconstruire la mémoire traumatique, et restaurer l’intimité et l’estime de soi. Des groupes de paroles sont également très importants ainsi que des sensibilisations familiales pour briser le tabou et prévenir la transmission intergénérationnelle. Sans la prise en compte de ce double volet psychologique et social, les avancées individuelles restent fragiles face à la stigmatisation.
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