Ce fardeau épidémiologique va mobiliser la Société camerounaise de la santé des adolescents du 27 au 29 mai à Yaoundé ; a-ton appris au cours d’un point de presse le 22 mai dernier.
Ce fardeau épidémiologique va mobiliser la Société camerounaise de la santé des adolescents du 27 au 29 mai à Yaoundé ; a-ton appris au cours d’un point de presse le 22 mai dernier.
Le thème de la deuxième édition des Journées scientifiques de la Société camerounaise de la santé des adolescents (SOCADO) « La grossesse chez les adolescentes : un fardeau épidémiologique aux stratégies d’intervention efficaces », est une alarme que sonnent les membres de cette entité.
Il est question d’attirer l’attention des uns et des autres sur ce mal très profond illustré par des données officielles. Celles de l’Enquête démographique de santé de 2018 (EDS 2018) qui renseigne que sur 100 adolescentes âgées entre 15 et 19 ans, 24 sont déjà sexuellement actives, 19 ont déjà eu au moins un enfant et 24 portent une grossesse. Un rappel du Pr Félix Essiben, gynécologue-obstétricien, président du comité d’organisation des deuxièmes Journées scientifiques de la SOCADO qui se tiendront les 27, 28, 29 mai 2026 à Yaoundé. Le Pr Essiben, le Pr Claude Noa Ndoua, le Pr Julius Ndobit et le Dr Tatiana Mossus, tous membre du comité d’organisation de cet évènement, étaient face à la presse le 22 mai à Yaoundé.
Placées sous le patronage du ministère de la Santé publique (MINSANTE) ces rencontres sont organisées par la Société camerounaise de la santé des adolescents en partenariat avec la Cameroon National Association for Family WellFair (CAMNAFAW), le Centre ODAS, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), l’Organisation mondiale de la santé (OMS), DENK Pharma, le laboratoire INNOTECH International, etc.
Selon le Pr Essiben, les mariages précoces, (phénomène très rependus dans les régions de l’Adamaoua, de l’est, du Nord et de l’Extrême-nord), la sous-scolarisation, le manque de programme sur l’éducation sexuelle complète à l’école, la précarité économique, le déficit d’accès à la contraception, en sont quelques causes des grossesses non-désirées chez les adolescentes.
Parlant de la prévalence contraceptive, 40 adolescents sur 100 n’ont pas accès aux méthodes modernes de contraception pour un taux de contraception national qui est d’à peine 30%.
Malgré l’arrêté ministériel permettant aux jeunes filles enceintes de poursuivre leurs études dans les lycées et collèges du Cameroun, les grossesses non-désirées sont à l’origine de déperdition scolaires. Elles exposent aussi les victimes à des difficultés d’intégration sociale à cause de la stigmatisation qu’elles subissent ; à l’isolement et à d’énormes problèmes de santé mentale.
Améliorer l’accès à la planification familiale des adolescents peut être une solution.
Le personnel médical qui s’érige souvent en juge
Les journées scientifiques de Yaoundé qui vont se décliner en conférences scientifiques, en tables rondes, en ateliers pratiques et bien d’autres articulations encore, vont permettre de proposer des réponses, après l’analyse des causes des grossesses précoces sur le plan socio-anthropologique, d’adapter des techniques de communication en fonction des réalités de la société. Le but étant de croiser les regards des acteurs que sont les experts, les communautaires et les adolescents. Il ne s’agit pas de se réunir pour proposer des orientations aux adolescents sur leur santé mais de réfléchir avec eux. « Tout ce qui est fait sans l’adolescent est fait contre lui. Nous voulons amener les adolescents à nous dire quels canaux utiliser pour qu’ils nous comprennent », a insisté le Pr Félix Essiben.
Le Cameroun s’est déjà doté des structures pour l’accompagnement des adolescents et des jeunes dans les solutions à leurs problèmes de santé sexuelle et reproductive, à l'exemple, entre autres, du centre d’écoute des adolescents et jeunes de l’hôpital Gynéco-obstétrique (HGOPY) dans le cinquième arrondissement de Yaoundé. Les mercredis de 15h à 17h, ce centre accueille les jeunes et adolescents pour des consultations gratuites. Et selon le Pr Julius Dohbit en service à HGOPY, certains de ces adolescents sont affectés par le fléau de la consommation des drogues et de l’alcool. Sur 10 adolescents consultés, a-t-il révélé, cinq consomment de l’alcool. Sept adolescents parmi ceux qui consomment l’alcool portent des infections sexuellement transmissibles (IST). Ce spécialiste de la santé soutient qu’il y a un manque de dialogue entre les parents et les enfants. Des parents qui n’acceptent pas que les adolescents utilisent les méthodes contraceptives. Les membres de SOCADO ont déploré la faible fréquentation des centres d’accompagnement des adolescents par ces derniers. Le mauvais accueil à eux réservé par le personnel médical qui s’érige souvent en juge pourrait aussi expliquer cela.
Ouverte à toutes les couches de la société, la Société camerounaise de la santé des adolescents a pour mission de rechercher des évidences à travers les données fiables afin de proposer aux autorités pour la prise des solutions concrètes aux problèmes de cette tranche de la population.

Like
Dislike
Angry
Sad
Funny
Wow
Travaux scientifiques : comment améliorer l’utilisation des résultats coince
21/09/2024Plan d’occupation des sols : Arme contre l’accaparement des terres
30/03/2024Ce site nécessite l'autorisation de cookies pour fonctionner correctement.

Commentaires 0