Lors de leurs travaux tenus du 22 au 26 juin à Yaoundé, les acteurs de l’Autorité du Bassin du Niger ont aussi adopté cette résolution comme un moyen pour anticiper sur les évènements extrêmes qui affectent les près de 180 millions d’âmes que comptent les neuf pays de cet espace.
Les acteurs de l’Autorité du Bassin du Niger se sont séparés le 25 juin dernier à Yaoundé, après quatre jours d’intenses et riches travaux à Yaoundé.
Autour des concepts et processus comme l’hydro-diplomatie, la comptabilité de l’eau ou autres, les acteurs de l’Autorité du Bassin du Niger venant du Benin, du Burkina Faso, de la Côte d’ivoire, de la Guinée, du Mali, du Niger, du Nigeria, du Tchad et du Cameroun savent davantage que dans les bassins transfrontaliers, la gestion unilatérale de la ressource en eau peut détériorer les relations entre pays ou entre communautés riverains et nourrir des conflits.

L’hydro-diplomatie, qu’Armel Mawouth de l’Union internationale pour la Conservation de la nature (UICN), un des experts de l’atelier de Yaoundé définit comme :
« Approche multidisciplinaire et multi-scalaire de la gestion de l’eau à l’échelle du bassin et vise à promouvoir un partage équitable et une utilisation rationnelle des ressources en eau afin de parvenir à des situations gagnant-gagnant, contribuant ainsi à transcender les conflits liés à l’eau »
peut aider à limiter les désagréments.
Tout comme la comptabilité de l’eau, qui, selon Moctar Dembélé, chercheur en hydrologie à l’Institut de l’eau basé au Ghana, fait un lien entre les flux d’eau et leurs différents usages ; tout ceci pour prévenir les conflits et optimiser les bénéfices socio économiques.
Qu’il s’agisse de l’hydro-diplomatie ou de la comptabilité de l’eau, le but recherché est :
« de construire la paix, un processus pour la prévention, la médiation et la résolution des conflits liés l’eau. Exclure toute forme de domination d’un pays, éloigner la militarisation de l’accès aux sources hydriques et repousser le concept de gestion sécuritaire ou hégémonique de la ressource en eau », signe Armel Meawouth.
Lui qui affirme que :
« la gestion unilatérale qui peut aboutir à une détérioration des relations entre pays riverains et favorise les conflits au niveau des bassins transfrontaliers, la probabilité d’assoiffer et de mettre en danger la sécurité alimentaire d’un pays voisin en le privant de son approvisionnement en eau. »
Des lendemains reluisants pour le Bassin du Niger
Une question se pose : comment ces solutions seront efficaces si au préalable, il n’est pas développé un système de collecte de données dans les pays et si ces pays n’acceptent de partager ces informations avec les pays voisins ?
Une question comme il est revenu dans la plupart de prises de parole des exposants et des participants pendant la durée de l’atelier des capacités des acteurs de l’Autorité de Bassin du Niger qui avait tenu sur le thème « Pour un Bassin du Niger résilient ; Accroître et assurer la durabilité des investissements structurants pour la sécurité en eau », du 22 au 25 juin 2026 à Yaoundé au Cameroun.
Avec pour finalité de renforcer les capacités des acteurs pour accroitre les investissements pour la résilience climatique et la sécurité de l’eau en améliorant l’accès et l’utilisation des informations climatiques.
En fait, la collecte des données est un défi majeur dans la majorité des neuf pays (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Nigeria et Tchad) de cet espace où vivent au moins 180 millions d’habitants grâce aux revenus principalement tirés de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, entre autres.
Ces activités qui sont affectées par les effets du réchauffement climatique, avec des évènements climatiques extrêmes comme des vagues de chaleur, des fortes précipitations et des conséquences telles que la dégradation des sols, l’érosion, les inondations qui causent des pertes humaines, des pertes des récoltes et des pertes des cultures qui menacent la sécurité alimentaire et la quiétude dans les communautés.
La disponibilité des données peut aider à minimiser les risques en favorisant la mise en place des mesures permettant de gérer durablement la ressource en eau pour anticiper sur les périodes où elle peut s’amenuiser.
L’adoption, à l’unanimité de cette résolution et d’autres dont le renforcement de la surveillance hydrométéorologique et des systèmes d’alerte précoce, la promotion des mesures naturelles d’adaptation, à l’issue des cinq jours de travaux de Yaoundé, en présence du Secrétaire exécutif de l’Autorité du Bassin du Niger, Armand Kocou, de Guy Debok, coordonnateur de cette instance au Cameroun, peut augurer des lendemains reluisants pour le Bassin du Niger.
C’était avec la participation active des représentants de Projet SATH-ABN, Programme intégré de développement d’adaptation au changement climatique (PIDACC/BN), du Projet d’appui GIZ à l’AB, de la GIZ Afrique, du Global Water Partnership (GWP Afrique), l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
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