Après la mention « Très honorable, avec félicitations du jury », reçue le 11 août dernier à Yaoundé, le désormais Dr. PhD en démographie revient sur les contours du sujet choisi, intitulé : « Dividende démographique et développement économique et social dans le contexte socioculturel de l’Afrique d’après l’exemple du Cameroun ».
Qu’est-ce qui vous a motivé à choisir cette thématique ?
Je travaille déjà sur le dividende démographique depuis une certain nombre d’années comme acteur et au-delà, je suis entré dans les recherches y relatives. Mais ce qui m’a personnellement motivé c’est de voir le Cameroun atteindre son émergence avec ce concept.
Quels conseils pouvez-vous donner aux jeunes en quête d’emploi aujourd’hui ?
Je leur dirai de se déconnecter globalement des réalités sociales pour prendre pouvoir, prendre leur formation adaptée à leur poste de travail ; ne pas attendre de bénéficier du système des élites tel qu’il est installé au Cameroun, ne pas être attentistes.
Quelle donnée vous a le plus surpris au cours de votre recherche ?
La première donnée qui m’a le plus marqué est celle de la dépendance qui incite plus à l’épargne. Pour moi, c’était incroyable et cela vient remettre en cause plusieurs théories. La deuxième concerne le mécanisme d’absorption de la dépense ; c’est vrai qu’on le sait mais quand on la prend dans la théorie du dividende démographique cela devient autre chose. Ça veut dire que la dépendance dans notre contexte augmente les charges à celui qui émerge socialement.
Quels sont les défis qui ont été les vôtres pendant les trois ans passés pour la production de cette thèse ?
Le premier défi était de comprendre pourquoi la population est sous-exploitée. Nous sommes dans un pays où le principal problème est l’emploi. En économie, le principal facteur c’est le capital, ensuite, le travail et l’innovation technologique qui peut s’incruster dans le facteur humain et là on se demande comment faire pour capitaliser sur le facteur travail. Et c’est là qu’intervient le dividende démographique pour poser la question ; comment absorber le mieux que possible, en tant que facteur, les éléments liés à notre économie pour notre développement ?
Quelle sera la prochaine étape ?
Nous voulons amener les politiques à comprendre l’importance de la valorisation de la culture dans la mise en œuvre de l’exploitation de la population pour le développement économique.
Quelles sont les recommandations que vous formulez à l’endroits des décideurs ?
Nous leur recommandons de revoir la planification avec dividende démographique au sens individuel, d’intégrer les différentes variables et surtout de revoir le surplus de main d’œuvre pour être mieux exploité.
Que pensez-vous de l’exemple du Maroc qui semble avoir bien mis en œuvre le dividende démographique ?
Le Maroc est dans la transition démographique, pratiquement en période de vieillissement de la population. Il a su tirer le bénéfice de sa main-d’œuvre pendant environ 30 ans, cela a permis, grâce à l’industrialisation, au capital humain poussé et à la gouvernance rigoureuse, d’avoir le résultat que nous pouvons voir aujourd’hui. Contrairement au Cameroun, qui a un surplus de main d’œuvre et je crains que cette période passe sans capitaliser cette main d’œuvre.
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