Présentée au cours d’un webinaire le 28 juillet dernier, l’étude réalisée par Wikifarmer propose également aux seigneurs de la terre de faire recours aux ventes en ligne pour éviter des intermédiaires et gagner plus.
Présentée au cours d’un webinaire le 28 juillet dernier, l’étude réalisée par Wikifarmer propose également aux seigneurs de la terre de faire recours aux ventes en ligne pour éviter des intermédiaires et gagner plus.
« Au Cameroun, il n’y a pas de banque agricole. Il y a une banque de Petites et moyennes entreprises (PME) qui peine à fonctionner. Les agriculteurs sont donc obligés d’aller se bousculer dans des banques classiques. Or, le banquier considère l’agriculture comme une activité à haut risque. Il faut une banque agricole pour faciliter l’accès du paysan au Crédit. » Ce cri de cœur est Boris Herman Talla, ingénieur agronome, professionnel du développement rural spécialisé dans l’agriculture durable, la gestion des ressources naturelles et le renforcement des capacités des organisations communautaires.
Une enquête de Wikifarmer, réalisée sur 10234 agriculteurs vivant dans 158 pays au monde, en 127 jours, restituée au cours d’un webinaire organisé par l’antenne camerounaise du Réseau des journalistes scientifiques d’Afrique francophone (RJSAF) dévoile que sur cinq agriculteurs, seulement 1,6 bénéficie du soutien des pouvoirs publics au Cameroun. Le Cameroun où 120 producteurs ont été interrogés. Bien que l’activité agricole soit l’une de celles qui subit les impacts négatifs du changement climatique (29 agriculteurs sur 100 en sont affectés), ceux qui l’exercent sont en proie à la baisse de leurs rendements ; les prix sont souvent imposés par la conjoncture et les acheteurs. La présence des intermédiaires dans la chaîne ne leur donne pas la possibilité de gagner ce qui doit effectivement leur revenir. Ces défis et bien d’autres sont plus présents chez les Africains, d’après les informations recueillies auprès des 3888 paysans de ce continent ayant participé à l’étude. Des paysans majoritairement jeunes (30 ans en moyenne), comme l’a indiqué Irena Vélez, journaliste à Wikifarmer, une co-auteure de l’étude qui a échangé avec le RJSAF, aux côtés de Boris Herman Talla. Un échange modéré par Romulus D. Kuessi, journaliste scientifique, secrétaire général de l’antenne camerounaise du RJSAF, sur le thème : « Comment exploiter les données de l’enquête mondiale sur les agriculteurs ».
Comme solution, Irena Vélez, conseille l’intégration des ventes en ligne qui mettent directement l’agriculteur en contact avec l’acheteur et réduit les prélèvements des intermédiaires. Elle propose aussi la certification pour donner de la valeur ajoutée aux produits. Ce qu’atteste Boris H. Talla qui illustre par les exemples du cacao, du café et du poivre camerounais qui se démarquent déjà grâce à la certification.
La journaliste de Wikifarmer explique que l’enquête a été réalisée pour donner la parole aux agriculteurs et donner l’information à ceux qui ont le pouvoir pour des décisions pouvant améliorer la production de la nourriture. En observateur avisé de la scène agricole, Boris Herman Talla a reconnu que les résultats de l’étude menée par Wikifarmer reflètent la réalité camerounaise.
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