Après ces bons résultats, le Programme de promotion de l’exploitation certifiée des forêts (PPECF), qui va rentrer dans sa quatrième phase dans les prochains mois, veut aussi mettre l’accent sur la prise en compte des communautés riveraines des concessions forestières.
La certification forestière a fait ses premiers pas en 2012 dans les pays du Bassin du Congo. Considérée au départ comme très coûteuse par certains industriels du secteur forestier, elle s’impose de progressivement, avec des retombées socio-économiques. À ce jour, l’on estime à plus de 12 millions d’hectares, la superficie forestière certifiée dans cet espace de six pays, qui est le deuxième poumon écologique mondial après l’Amazonie. Le Programme de promotion de l’exploitation certifiée des forêts (PPECF) ne compte pas s’arrêter en si bon chemin après ces résultats, surtout dans un contexte de mise en œuvre annoncée du Règlement de l’Union européenne sur le RDU et des engagements des pays pour la lutte contre les changements climatiques.
À cet effet, la quatrième phase du PPECF entre en vigueur dans les prochains mois. Un programme qui épouse les contours du Plan de convergence de la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC). La COMIFAC dont le siège a servi de cadre le 12 octobre dernier, pour l’annonce de la reprise du Programme de promotion de l’exploitation certifiée des forêts et dont le Secrétaire exécutif, Hervé Martial Maidou, a salué l’apport du PPECF dans la gestion durable des ressources naturelles de la sous-région. « C’est un programme qui a beaucoup aidé la COMIFAC. Il vient comme réponse dans l’accompagnement des Etats à valoriser leur bois. Au départ, à moins de 1000 hectares, nous sommes aujourd’hui à plusieurs milliers d’hectares de forêts certifiés. Mon onction ce jour est d’encourager la nouvelle équipe à continuer le travail », a déclaré le Secrétaire exécutif de la COMIFAC.

Pour Romain Rolent, le Chef de mission sortant, qui a conduit les phases 2 et 3 du programme, il est important de maintenir le dialogue avec les détenteurs de la loi et les bureaux de contrôle. Car, quoique volontaire, sous la certification PPECF, le forestier ne devra plus seulement se contenter de répondre aux standards en travaillent de façon isolée et autonome, il devra prendre en compte la chaîne de valeurs. Ceci passe par des innovations : « l’accompagnement de toutes les populations vivant autour des concessions forestières pour l’amélioration de leurs techniques agricoles, l’amélioration du réseau routier pour faciliter l’évacuation des produits agricoles vers les marchés, l’accompagnement des concessionnaires asiatiques pour leur entrée dans le processus de certification », a indiqué Romain Rolent.
Trois objectifs
Appelé à conduire la barque pour les prochaines années, Philippe Mortier nourrit déjà l’ambition d’amener la Guinée Equatoriale à rejoindre les cinq autres pays (le Cameroun, le Congo, la République Démocratique du Congo (RDC), le Gabon et la République Centrafricaine (RCA)) pour compléter le tableau des Etats membres du Bassin du Congo. « Nous allons reprendre contact avec les concessionnaires pour les accompagner, les administrations pour les textes règlementaires et voir si la Guinée Equatoriale va accepter de rejoindre le programme », a signalé Philippe Mortier, nouveau Chef de mission du PPECF.
La Coopération allemande, qui apporte son appui au PPECF à travers sa banque, la Kreditanstalt für Wiederaufbau (KfW), avait déjà exprimé son engagement au gouvernement camerounais pour le développement vert, lors d’une rencontre en avril dernier. « Ce projet s’inscrit dans le Plan de convergence de la COMIFAC. Nous sommes très content qu’il entre dans sa quatrième phase », a relevé Gervais Nsibeuweula Kam, Coordonnateur de portefeuille, bureau KfW à Yaoundé.
Le Programme de promotion de l’exploitation certifiée des forêts compte trois objectifs : « La mise en place de mécanismes techniques et formels ainsi que des conditions institutionnelles propices à la certification à travers un appui aux réseaux soutenant la certification, l’amélioration de la qualité de l’exploitation industrielle des forêts par le biais de formations et d’activités spécifiques liées à la certification et le renforcement de la communication sur l’exploitation industrielle durable ». Les résultats à atteindre sont, la collecte d’informations scientifiquement fondées pour justifier ou améliorer les approches de la certification ; promouvoir la transparence dans l’exploitation certifiée des forêts ; informer le grand public et en particulier les communautés riveraines, rassembler les acteurs actifs dans la certification.
Pour bénéficier de l’appui du PPECF, il faut, entre autres ; être une société privée du secteur forestier (concessionnaire), une organisation non gouvernementale, un opérateur du secteur public, une collectivité territoriale, une organisation internationale (intergouvernementale) ayant un lien avec la gestion durable et la certification forestière, et opérer dans la couverture géographique du programme, c’est-à-dire au Cameroun, au Congo, en RCA, au Gabon et en RDC.
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